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500 € à 2 000 € |
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Au début des années 2000, Jacques Cauda crée le mouvement surfiguratif.
Surfigurer, c’est prendre pour objet des sensations dont la source n’est plus le réel mais sa représentation rétinienne. Le monde est devenu une image et le peindre, c’est réécrire cette image.
C’est pourquoi, Jacques Cauda utilise le pastel à l’huile qui a la particularité de se pratiquer comme une écriture sur une feuille de papier. Il renoue ainsi avec le ut pictura poesis des Anciens : la peinture est aussi une poésie.
D’autre part, avec le pastel à l’huile, la couleur représente aussi bien que le trait. Et tout particulièrement, quand il s’agit du portrait dont l’enjeu n’est pas seulement une question d’espace mais aussi d’intériorité. Un bleu, par exemple, exprimera l’articulation qu’il y a entre le souffle du monde et celui du modèle. Et il en sera de même avec le noir et le blanc dont le rapport, au delà de leur évident contraste, soulignera ce qui est à l’origine de la peinture : l’émotion que procure le tracé du tout premier trait.
Jacques Cauda privilégie le portrait pour rendre à la peinture cette émotion première qui est à la naissance de l’art. De tous les arts. Le peintre est aussi un musicien.
Les Éditions Ex Aequo vont faire paraître en décembre 2009 son livre manifeste sur la peinture: " Toute la lumière sur la figure".
Le mouvement surfiguratif avec Jacques Cauda
...réécrire l'image, surfigurer le réel
Pourquoi la peinture a-t-elle cédé sa place, son espace, peu à peu à l’image,
jusqu’à devenir abstraite (de toute figuration) et déclarée morte par beaucoup
d’artistes ? C’est la question posée par Jacques Cauda, quand il crée au début des
années 2000 le mouvement surfiguratif. Rencontre avec l’artiste qui nous explique
ce mouvement, décrit son cheminement et présente ses techniques de travail.
Le triomphe de l’image : quel avenir pour la peinture ?
L’image montre tout. C’est le produit d’un oeil
industriel. Un oeil sans quoi rien n’existe. Le réel, aujourd’hui, n’apparaît réel que s’il
est visible. Tout est photographié, cinématographié, vidéographié, radiographié : gens,
corps, dedans, dehors, bêtes, flore, vivants, morts, paysages terrestres, sous-marins,
sublunaires, etc… Quel avenir donc, pour la peinture, dans cet espace entièrement
maîtrisé par l’image, avec qui elle a peu à voir ? La peinture n’est pas une image, même
si elle utilise les images pour exister entre les regards.
À ses yeux, il s’est vite imposé que l’espace à reconquérir était celui-là même qui
faisait écran. La peinture allait à son tour prendre pour seul modèle, cette image
(comme déjà-vu) dont le monde était devenu le reflet asservi. Elle allait se substituer à
elle et redonner à ce monde une figure, un regard, elle allait le surfigurer !
La figure est au commencement de la peinture occidentale. C’est son motif premier.
C’est ce qu’elle montre avec empressement pour cacher ce qui ne saurait se voir. Car la
peinture est toujours un palimpseste. À la différence de la photographie qui ne cache
rien, la peinture recèle aux yeux du monde l’inavouable, le monstrueux. Ainsi toute
peinture est un masque posé sur l’invisible. Toute figure est déjà une surfigure.
Le mouvement surfiguratif :
Une invention est venue à manger peu à peu le monde et sa représentation, jusqu’alors
dévolue à la seule peinture : cette invention c’est la photographie. La figure va alors
disparaître dans l’insignifiance générale, la peinture va redevenir curieusement maladroite et bientôt abstraite (de toute
figuration).
La peinture, aujourd’hui ne peut être conçue qu’avec ce qui à la fois l’anime et la remet en question, avec ce qui l’a
toujours animée, la lumière, et avec ce qui l’interroge depuis l’invention de la photographie, la figure. Telle est l’ambition
du peintre surfiguratif : redonner un regard au monde aveuglé où rien n’existe plus désormais en dehors de son image
aveuglante, en un mot : surfigurer !
Surfigurer, c’est prendre pour objet des sensations dont la source n’est plus le réel mais sa représentation rétinienne. Le
monde est devenu une image et le peindre, c’est réécrire cette image.
La photographie reproduit, la peinture surfiguratif représente une histoire déjà écrite qui revient au monde sous les traits
de la surfigure. Le mouvement surfiguratif se meut des origines de la peinture jusqu’à
nos jours, du commencement jusqu’à l’éternité.
INTERVIEW de Jacques Cauda
Quelle technique employez-vous pour réaliser vos portraits surfiguratifs ?
Rien ne me convient mieux que le pastel à l’huile. Une technique qui souvent fait sourire : ce
ne sont que des crayons de couleurs destinés aux enfants ! Je crois plutôt que ce sont les
contraintes du pastel qui découragent les artistes. D’une part, les couleurs sont imposées, et
ne se mêlent pas, ou peu, ou mal. D’autre part, l’habilité du trait est très importante,
l’estompe au moyen du doigt, d’un chiffon ou par grattage, ne se faisant pas aussi aisément
qu’on le souhaiterait. Mais c’est aussi un medium d’une grande liberté ( la liberté vient
souvent de la contrainte, n’est-ce pas ?) . Spontanéité et émotion sont en prise directe avec
la main, au contraire de la peinture qui se sert d’un pinceau ou d’un autre intermédiaire.
Le pastel à l’huile a un autre avantage, celui de conjuguer dans le même geste la ligne et la
lumière, le trait et la couleur. Un geste qui me renvoie à l’écrivain que je suis et qui ne
travaille jamais face à son support mais en surplomb comme celui qui écrit au dessus d’une
feuille de papier. Un bleu, par exemple, exprimera l’articulation qu’il y a entre le souffle du
monde et celui du modèle. Et il en sera de même avec le noir et le blanc dont le rapport
soulignera ce qui est à l’origine de la peinture : l’émotion que procure le tracé du tout
premier trait.
Quel papier utilisez-vous ?
J’utilise du papier « mince », d’un léger grammage, lisse et brillant, sur lequel le pastel
glisse comme une planche de surf sur la vague. Son seul désavantage, c’est précisément sa
légèreté, sa fragilité. Gare aux estompes trop appuyées ! En revanche, marouflé sur une toile
montée sur châssis, sa légèreté devient un atout : papier et toile se confondent
parfaitement.
Quels pastels conseilleriez-vous ?
Les meilleurs pastels sont ceux qu’a créés Henri Sennelier en 1949 pour Picasso. Leurs
qualités sont connues et reconnues : douceur, onctuosité, fraîcheur et richesse des pigments.
Et l’étendue de leur gamme pallie la contrainte que j’ai évoquée plus haut, elle est de 120
couleurs ! Mais je ne les ai pas encore toutes utilisées. |
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